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 John Lennon

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Date d'inscription : 19/09/2009

MessageSujet: John Lennon   Dim 1 Nov - 11:58

Parmi tous les Beatles, c’est sans aucun doute John Lennon qui a eu la carrière en solo la plus intéressante, mais aussi la plus frustrante. Lennon était capable de créer des pièces à la fois inspirées, criantes d’honnêteté et mélodieuses. Il avait aussi tendance à se reposer sur ses lauriers, produisant un rock ‘n’ roll générique sans trop d’effort. Mais les extrêmes, autant d’un point de vue professionnel que personnel, le rendaient fascinant. Alors que Paul McCartney se contentait de son statut de rock star, Lennon a touché à tout, que ce soit la politique révolutionnaire ou les talk-shows télévisés des années 70. Après avoir lancé deux albums très prisés de la critique, soit « John Lennon/Plastic Ono Band » et « Imagine » au début des années 70, Lennon a par la suite sombré dans une période où sa contribution musicale était inégale et son comportement public souvent gênant. Au milieu de la décennie, il décida de quitter les projecteurs pour se concentrer sur sa vie de famille.

En 1980, il tente un retour avec sa femme Yoko Ono en lançant l’album « Double Fantasy » à l’automne. Alors que sa carrière semble être relancée, Lennon perd tragiquement la vie alors qu’il est abattu devant sa résidence de New York, le 8 décembre 1980. Il ne laisse pas qu’un souvenir musical, mais aussi une impressionnante contribution comme auteur, acteur et activiste.

Quand on considère l’importance de son travail avec les Beatles, on a tendance à oublier la carrière en solo de John Lennon. Même alors que la Beatlemania était à son sommet, Lennon commençait déjà à explorer à l’extérieur du groupe. En 1964, il publie un recueil de ses écritures intitulé « In His Own Write » qui est suivi, en 1965, par « A Spaniard in the Works ». De plus, il apparaît dans la comédie de Dick Lester « How I Won the War », en 1966. Ce n’est toutefois qu’en 1968 qu’il commence à s’aventurer musicalement en dehors des cadres du groupe alors qu’il enregistre en compagnie de Yoko Ono un collage sonore expérimental qu’il baptise « Unfinished Music, No. 1 : Two Virgins ».

Le disque cause une certaine controverse en raison de son contenu et de sa pochette où l’on voit Lennon et Ono complètement nus. Le couple se marie peu de temps après, soit le 20 mars 1969 à Gilbratar. Pour leur lune de miel, ils décident d’organiser une manifestation politique qui se traduit par un bed-in pour la paix au Hilton d’Amsterdam. Plusieurs mois plus tard, les disques avant-gardistes « Unfinished Music, No. 2 : Life With the Lions » et « The Wedding Album » sont lancés en même temps que le simple « Give Peace a Chance » qui avait été enregistré au cours du bed-in.

En septembre 1969, Lennon remonte sur scène en se produisant dans le cadre du Festival rock & roll de Toronto. Il est entouré du Plastic Ono Band qui est composé de Yoko Ono, d’Eric Clapton à la guitare, de Klaus Voormann à la basse et d’Alan White à la batterie. Le mois suivant, le groupe lance « Cold Turkey » qui fait référence à la lutte que livrait Lennon à l’héroïne. Avant la parution de l’album, Lennon fait part aux Beatles de son intention de quitter le groupe, mais il accepte de ne pas en parler publiquement avant que les négociations entre Allen Klein et EMI soient conclues. Lennon et Ono poursuivent leur action pour la paix en placardant des panneaux d’affichage avec le slogan « War Is Over (If You Want It ») dans une douzaine de villes. En février 1970, il compose, enregistre et réalise le simple « Instant Karma » en l’espace d’une semaine. La pièce remporte un vif succès, atteignant le Top 10 en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Deux mois plus tard, Paul McCartney annonce la séparation des Beatles, ce qui met Lennon en colère. Il passe sa rage dans son premier véritable album en solo, « John Lennon/Plastic Ono Band », un disque confessionnal inspiré par la thérapie du cri primal qu’il suit avec Yoko Ono. Pour mousser la sortie de l’album, Lennon accorde une longue interview au magazine Rolling Stone au cours duquel il fait tomber de nombreux mythes au sujet des Beatles.

Au début de 1971, il lance un autre simple contestataire intitulé « Power to the People » et déménage ensuite à New York. L’automne suivant, il lance le magnifique album « Imagine », dont la pièce-titre atteint le Top 10. Au cours de la même période, Lennon et Ono recommencent leur activisme politique, appuyant publiquement certains radicaux américains comme Abbie Hoffman, Jerry Rubin et John Sinclair. Leur implication politique grandissante donne naissance à l’album double « Sometime in New York City » qui est lancé au cours de l’été 1972. L’album est composé de chansons politiques pour la plupart très simplettes. Conséquemment, le disque se vend mal et contribue à ternir l’image de Lennon.

« Sometime in New York City » marque le début d’une descente aux enfers de trois ans pour Lennon. Peu de temps après la sortie, il commence une longue bataille avec le service américain de l’Immigration qui refuse de lui accorder un permis de travail en raison d’une condamnation pour possession de marijuana, en 1968. En 1973, on lui ordonne de quitter les États-Unis et il lance une bataille contre le service de l’Immigration, l’attaquant régulièrement en public. L’album « Mind Games » est lancé à la fin de 1973 et est accueilli par des critiques partagées. L’année suivante, Lennon et Ono se séparent, le chanteur décide de s’établir à Los Angeles où il amorce un passage à vide d’un an et demi. En 1974 et 1975, Lennon mène une vie de débauche à Los Angeles, faisant continuellement la fête avec des personnalités connues comme Elton John, Harry Nilsson, Keith Moon, David Bowie et Ringo Starr. En novembre 1974, il lance « Walls and Bridges » qui remporte un fort succès en raison de la pièce « Whatever Gets You Through the Night » composée en compagnie d’Elton John. À la fin de l’année, Elton John contribue à rabibocher Lennon et Yoko Ono, convainquant l’ancien Beatle de participer à l’un de ses concerts qui deviendra la dernière prestation de Lennnon.

La période de sombre Lennon n’a pas que du mauvais puisque l’album « Rock & Roll » paraît au printemps 1975. Il s’agit d’une collection de vieux standards rock repris par le chanteur. Quelques mois avant sa sortie officielle, l’album est lancé par Morris Levy sous le titre « Roots ». Lennon le poursuit et gagne sa cause. En octobre 1975, la Cour d’appel des États-Unis renverse l’avis de déportation émis par le service de l’Immigration et Lennon obtient finalement sa carte de citoyenneté l’été suivant. Après avoir co-écrit le titre « Fame » sur l’album « Young Americans » de David Bowie, Lennon quitte doucement le monde de la musique, préférant se consacrer à sa famille qui s’agrandit avec la naissance de son fils Sean, en octobre.

Au cours de l’été 1980, Lennon retourne en studio après avoir signé un nouveau contrat avec Geffen Records. Composé de pièces écrites par Lennon et Yoko Ono, « Double Fantasy » est lancé en novembre et est accueilli favorablement par la critique. Alors que l’album grimpe dans les palmarès, Lennon est assassiné le 8 décembre par Mark David Chapman, un fan désaxé. Le décès de Lennon sème l’émoi partout à travers le monde et le 14 décembre, plus de 14 millions de fans à travers le globe participent à une vigile silencieuse de dix minutes à 14 heures, heure de l’Est. « Double Fantasy » et le simple « (Just Like) Starting Over » deviennent d’énormes succès à la suite de sa mort. Au cours des années qui suivent son décès, de nombreux albums de matériel inédit font surface, le premier étant « Milk and Honey » en 1984, le plus substantiel étant probablement le coffret « Anthology » en 1998. En 2003, le DVD « Lennon Legend - The Very Best of John Lennon ».

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